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Histoire mouvementée de la chefferie Batchingou - Département du Ndé
Si l’histoire des Batchingou est quelque peu confuse dans les temps lointains, elle devient précise au 19e siècle, marquée par les attaques des communautés voisines. Les Batchingou se sont farouchement défendus. C’est à partir de ce repère que nous commençons l’historique de la communauté.
La première partie de cette histoire se situe en 1819, sous le règne de sa Majesté Moungang.
La communauté Batchingou a alors traversé plusieurs crises suite à des tentatives d’invasion de son territoire par les communautés voisins. Des coalitions qu’on appelle chez nous ‘’Kwatchou’’.
C’est ainsi que tous ces groupements voisins se sont organisés pour attaquer le village Batchingou au niveau de leurs frontières communes, dans le dessein de l’étouffer afin de s’approprier ses terres.
Face à toutes ces attaques perpétrées en même temps, le village Batchingou s’est mobilisé en rassemblant hommes et femmes qui ont usé de la ruse pour défendre le territoire, et n’en céder aucune parcelle.
La tactique défensive des Batchingou avait consisté à creuser des tranchées et à hisser beaucoup de chapeaux tout le long de ces tranchées, en plaçant quelques hommes rapides pouvant tirer des coups de fusils à plusieurs endroits, afin de faire croire à l’ennemie l’existence d’un grand nombre de combattants. Quant aux femmes, elles étaient chargées d’espionner les positions adverses et en rendre compte à leurs époux. Parmi elles, Metoukep s’est distinguée en allant au front pour le combat.
Ces actes de bravoure pour la défense de l’intégrité du territoire Batchingou a valu les titres de ’’Takwa’’ aux hommes et ‘’Wachié’’ aux femmes.
La défense était aussi organisée tout le long de la frontière et le commandement aux chefs des quartiers frontaliers.
C’est ainsi que la guerre de Bangwue Jilep contre les Bamena avait pour commandants Tame Mbeupokep et Zoo Mbeuda ‘’ Mekep Danou. Celle contre les Balengou fut dirigée par Zoo Fieudieu et Zaa Gong à leurs côtés, le groupement Bana comme allié. C’est le lieu de signaler que toutes les communautés voisines, seule celle de Bana est restée neutre, sans engager aucun conflit contre les Batchingou.
La guerre contre les Batcha ne dura pas longtemps à cause du pacte de non agression que le Chef de ce groupement avait suite à la majorité numérique constatée lors des premières incursions. |
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Après les premières batailles gagnées, l’accalmie dura quelques années, car le village Batchingou a connu d’autres agressions sous le règne de sa Majesté Tchiengué vers 1879, alors qu’il accédait au trône. Des mercenaires associés venant de Bangou et du Noun voulaient s’accaparer du lieu initiatique où vivait le nouveau Roi, en vue d’installer un autre Prince qui avait été contre l’accession de Sa Majesté Tchiengué au pouvoir. Informées de ce coup de force en préparation, les populations Batchingou ont réagi énergiquement en s’organisant et mettant en place une bonne tactique. Elle consistait à laisser entrer les ennemis sans heurt à la chefferie, afin de les prendre par surprise, en les encerclant lorsqu’ils auront attaqué, pour les décapiter un à un.
Il y’a lieu de signaler que seul le Prince dissident a eu la vie sauve. Cependant, on lui a formellement interdit de réaliser dans sa concession, une maison au toit conique.
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